Blog dédié à la maladie de Lyme et à ses coinfections… Mon parcours.

Archives de la catégorie ‘Symptômes’

Les co-infections de la maladie de Lyme

La maladie de Lyme est provoquée principalement par une bactérie appelée Borrélia Burgdorféri, mais d’autres pathogènes peuvent intervenir et rendre le traitement plus difficile:

Les plus souvent cités avec la maladie de Lyme sont : les Ehrlichias (appelées maintenant Anaplasma), les Babésias, les Bartonellas, des Mycoplasmes, les Chlamydiae, des Rickettsies comme la Coxiella Burnetii, responsable de la fièvre Q.

On peut également trouver parfois l’agent viral de l’encéphalite à tiques et  leishmania.

Certains médecins pensent que les cytomégalovirus rendent plus difficile le traitement.

Ces infections ne sont pas toutes transmises par les tiques mais peuvent se développer sur un organisme dont le système immunitaire est affaibli  par la maladie de Lyme.

Bien d’autres infections restent à découvrir.

Il est important avant de commencer un traitement pour la maladie de Lyme de faire un inventaire complet de toutes les infections présentes car elles peuvent rendre le traitement radicalement différent.

Les analyses existantes

Pour détecter un microbe on peut se baser sur l’existence d’anticorps produits par l’organisme pour lutter contre l’infection. Ce genre d’analyse qui vise à mesurer la présence d’anticorps dans le sang s’appelle en général une sérologie.

L’inconvénient de ce genre d’analyse est que si le système immunitaire est affaibli par la maladie de Lyme ou une des autres infections, il peut produire trop peu d’anticorps pour permettre une détection. D’autre part le résultat est peu spécifique et on peut avoir des résultats faussement positifs dus à un autre pathogène.

Une autre technique de détection des germes consiste à détecter leur ADN. C’est ce que l’on appel une PCR (Polymerase Chain Reaction).

Ce genre de test est très spécifique et ne dépend pas de la réaction immunitaire du malade. Il ne détecte toutefois le microbe que s’il est en quantité suffisante dans l’échantillon à analyser.

La borrélia est difficilement détectable par PCR dans le sang ou le liquide céphalorachidien en effet ce microbe circule dans le sang principalement sous sa forme kystique, plus difficile à détecter par PCR.

La babésia demande aussi parfois plusieurs analyses avant qu’une soit une positive. Au Etats-Unis il est souvent pratiqué cinq analyses espacées d’une semaine pour détecter la babésia.

On peut aussi essayer de détecter les microbes visuellement au microscope. C’est ce qu’on appel un frottis. Cette technique est utilisée pour la babésia dans certains laboratoires. Cependant, dans les cas humains de Babésiose chronique (contrairement aux cas vétérinaires) la parasitémie est relativement faible et pour la détecter par cette technique il faut passer très longtemps sur un frottis.

Analyses en France

Dans le laboratoire Pasteur Cerba à Paris on peut faire :

– Bartonella henselae et quintana (sérologie)

– Mycoplasmes (sérologie)

– Brucella (sérologie)

– Fièvre Q (sérologie)

– Cytomégalovirus (sérologie et PCR)

– Leishmania (sérologie et culture)

– Encéphalite à tiques (sérologie)

– Lyme (sérologie)

Pour faire ces tests il suffit d’aller faire le prélèvement dans un laboratoire qui travaille avec Pasteur Cerba, et celui ci s’occupera de l’acheminement. Pour plus d’informations consultez leur site web : http://www.pasteur-cerba.com/

A l’hôpital de Marseille on peut faire :

– Ehrlichia (sérologie et PCR)

– Rickettsies (sérologie et PCR)

– Bartonella (sérologie et PCR)

Il faut dans ce cas que le médecin traitant prenne contact avec le service de l’hôpital et leur communique les données cliniques qui justifient cette analyse.

Un chef de service est monsieur Brouqui. Tel : 04 91 32 43 75

Les échantillons sont à envoyer à l’adresse suivante :

Unité des rickettsies

Faculté de médecine

27 boulevard Jean Moulin

13385 Marseille cedex 5

Dans le laboratoire universitaire d’analyses médicales de Strasbourg on peut faire :

–        Bartonella henselae (sérologie et PCR)

–        Cytomégalovirus (sérologie et PCR)

–        Lyme (PCR)

Le site web est : http://lamulp.u-strasbg.fr/

Plusieurs analyses pour les co-infections ne peuvent pas être effectuées en France il faut dans ce cas se tourner vers des laboratoires à l’étranger.

Analyses en Suisse

Laboratoire Viollier (http://www.viollier.ch) peut tester entre autres:

– Bartonella henselae et quintana (sérologie)

– Chlamydia pneumoniae

Coxiella burnetii (Fièvre Q)

– Yersinia enterocolitica/pseudotuberculosis

– Encéphalite à tique

– Cytomégalovirus

– CD3, CD4, CD19, CD57

Laboratoire Concilia (http://www.consilia-sa.ch) peut tester en Western Blot :

–        B.garinii

–        B.afzelii

–        B.burgdorferi sensu stricto

–        B.valaisiani

N :B Liste non exhaustive


Analyses en Espagne

En Espagne dans le laboratoire vétérinaire de M Barba on peut faire :

– Babesia (PCR)

– Ehrlichia (PCR)

– Brucella (PCR)

– Bartonella henselae (PCR)

– Chlamydia (PCR)

– Mycoplasmes (PCR)

– Leishmania (PCR)

– Lyme (PCR)

Ces tests ont l’avantage d’être valable pour toutes les souches de chaque espèce. Ca coûte environ 24 euros par test et il faut compter 45 euros pour l’envoi en Chronopost.

Il faut envoyer un tube EDTA (tube violet) de sang complet de 4ml (sans héparine) pour faire l’ensemble des tests. Il est plus prudent d’envoyer deux tubes au cas où l’un des tubes s’ouvrirait durant le transport.

L’adresse où envoyer les tubes est :

Laboratorio Dr Barba

Calle Segovia, 45

28005 Madrid

Espagne

Pour plus de précisions vous pouvez écrire en français à M Barba. Son mail est c.barba@recol.es

Il n’y a pas de formalité douanière à effectuer. Il faut juste cocher la case « envoi de documents » sur le paquet.

Le site web du laboratoire Barba est : http://es.geocities.com/laboratoriobarba/ (en Espagnol)

Analyses en Allemagne

Dans le laboratoire de M Ackerman on peut faire :

– Babesia (sérologies)

– Ehrlichia (sérologies)

– Bartonella (sérologies)

– Rickettsies (sérologies)

– Fièvre Q (sérologies)

Il faut envoyer un tube de 9ml de sang complet ou de sérum. Ca coûte environ 35 euros par test sauf bartonella 70 euros.

L’adresse où envoyer les tubes est :

Borrelienlabor Prof Ackerman, Dr Lemfried und Dr Lembke

An der Wachsfabrik 25

D – 50996 Köln

Allemagne

Tel : + 49 223639110

Dans le laboratoire : Institut für Medizinische Diagnostik il existe un test pour la borrélia qui est différent d’une sérologie et d’une PCR. Il s’agit du test Lymphocytes Transformation Test Borrelia (LTT-Borrelien). Ce test est basé sur la détection de la transformation des lymphocytes qui ont rencontré une borrélia. Le test coûte environ 157 euros.

Il faut demander un kit de prélèvement au laboratoire. Le test doit être fait dans les 24 heures suivant la prise de sang.

L’adresse est :

Institüt für Medizinishe Diagnostik

Nicolai strasse 22

12247 Berlin-Steglitz

Allemagne

mail : info@IDM-Berlin.de

Le site web du laboratoire est : http://www.imd-berlin.de/

Analyses en Italie

Dans le laboratoire du Dr Tarello on peut faire des frottis pour ehrlichia et babésia.

L’adresse est :

Drs Walter Tarello & Natascia Riccieri
Laboratory of Microscopy
Postal address : C.P. 1644
06129 Perugia

Italie

email: wtarello@yahoo.it

Analyses en Belgique
Institut de Médecine Tropicale Prins Leopold,
Laboratoire de biologie clinique
Kronenburgstradt 43/3, 2000 Anvers 1, Belgique
Tel. 00 32 3 247 64 07

Analyses aux Etats-Unis

Dans le laboratoire Bowen on peut faire la recherche sur frottis de Babesia et d’Ehrlichia.

Le prix est d’environ 250 USD pour l’ensemble de ces deux tests plus une détection de la Borrélia par une autre technique.

Pour faire un envoi il faut que votre médecin se mette en contact avec le laboratoire pour remplir un questionnaire et faire les papiers pour la douane. Si vous ne faites pas les papiers pour la douane, le colis ne passera pas la frontière.

Pour la douane il faut faire une facture pro-format et une déclaration « Toxic Substance Control Act 5 » signée par le médecin. Ces papiers sont en principe disponibles chez le transporteur. La déclaration de douane peut être la suivante : « Sang humain pour analyse médicale. Non dangereux ».

Il est préférable d’utiliser Fed Ex pour un envoi vers les Etats-Unis car ils y ont un réseau bien développé et le temps d’acheminement sera plus court. Il faut compter environ 60 euros pour les frais de port.

Le site web du laboratoire Bowen est : http://www.bowen.org/  (en anglais)

Dans le laboratoire MDL on peut faire :

– Ehrlichia (PCR)

– Babesia (PCR)

– Bartonella henselae (PCR)

– Brucella (PCR)

– Mycoplasmes (PCR)

– Lyme (PCR)

C’est en principe le laboratoire le plus réputé pour les PCR.

Comme pour Bowen il faut passer par votre médecin pour se mettre en contact avec eux et faire les papiers pour la douane.

Les échantillons de sang sont à expédier dans des tubes jaunes fournis par le laboratoire.

Les échantillons doivent en principe arriver au laboratoire dans les 48 heures suivant le prélèvement ce qui est difficile depuis la France en raison de formalités de douane particulièrement longues coté français.

Les prix sont de l’ordre de 180 USD par test.

Le site web du laboratoire MDL est  : http://www.mdlab.com/ (en anglais)


Dernières suggestions

Avant de faire les tests PCR certains médecins recommandent de faire un exercice physique 3 heures avant la prise de sang puis de prendre un bain chaud.

Il est également préférable de ne pas prendre de médicaments pendant plusieurs semaines voir plusieurs mois avant la prise de sang.

Autres tests intéressants

Chez certain patients atteints par la maladie de Lyme depuis des années il a été noté que le nombre de lymphocytes NK CD3- CD 57+ était plus bas que la normale. C’est une indication de l’activité de la maladie.

En France ce test peut être fait chez Pasteur-Cerba. http://www.pasteur-cerba.com/ . Pour être valable l’analyse doit être faite rapidement après le prélèvement.

Il faut trouver un labo qui travaille avec Pasteur Cerba et bien préciser que le tube doit être rapidement acheminé.

http://www.eclipx.ch/lyme/documents/ou_faire_les_tests.doc

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Maladie de Lyme ou borréliose chronique

La maladie de Lyme, nommée « Borréliose » en Europe, ou encore « Borréliose de Lyme », est une maladie bactérienne. Elle est multiviscérale (pouvant affecter divers organes) et multisystémique (pouvant toucher divers systèmes). Elle évolue sur plusieurs années ou décennies, en passant par trois stades (ces stades étant théoriques, car en réalité plus ou moins différenciés, parfois entrecoupés de périodes de latence; ils peuvent se chevaucher pour certains symptômes). Non soignée et sans guérison spontanée au premier stade, après une éventuelle phase dormante, cette maladie peut à terme directement ou indirectement affecter la plupart des organes humains, de manière aiguë et/ou chronique avec des effets différents selon les organes et les patients, et finalement conduire à des handicaps physiques et mentaux. Des séquelles et rechutes sont possibles. Les critères diagnostiques, les dépistages, les traitements, comme l’aspect chronique de cette maladie font actuellement l’objet d’une controverse dans le monde médical, entre experts mondiaux.

De nouvelles souches ou sous-espèces émergentes ont récemment été identifiées, également susceptibles de causer la maladie chez des hôtes humains, peut-être avec des symptômes ou étiologies différentes ;

D’autres génospecies de B. burgdorferi (sensu lato) ont été trouvées et sont suspectées de causer la maladie (sans que cela ait déjà été confirmé en culture), dont

Plusieurs de ces génospecies ont comme des vecteurs des tiques qui n’étaient pas considérées comme vectrices de la maladie de Lyme.

« Borrelia burgdorferi sensu lato » désigne un « complexe » d’une trentaine d’espèces de borrélies dont quatre sont des pathogènes capables de déjouer le système immunitaire humain : B. burgdorferi sensu stricto (ss), la plus présente aux États-Unis et B. garinii, B. afzelii, B. spielmanii en Europe. Chacune de ces bactéries semble préférentiellement cibler certains organes. Toutes provoquent un érythème en première phase, mais B. garinii a plutôt des effets neurologiques, B. burgdorferi ss provoque plutôt des arthrites alors que l’ACA évoque plutôt B. afzelii. Les quatre espèces pathogènes circulent en Europe tandis qu’une seule, B. burgdorferi sensu stricto, semble très largement dominer aux États-Unis (mais des formes jugées émergentes semblent exister).

Borrelia burgdorferi sensu stricto est le spirochète qui est la cause presque exclusive de la maladie de Lyme en Amérique du Nord (Canada, États-Unis, Alaska), où il cause surtout des arthrites de Lyme et des douleurs de type rhumatismales (mais toujours sans acrodermatite) ;
Borrelia burgdorferi (sensu lato) , qui désigne un complexe de plusieurs espèces de borrélies pathogènes rencontrées en Eurasie. En Europe, dans ce groupe, B. Burgdorferi est plus rare, alors que d’autres borrélies (Borrelia afzelii « sous-groupe européen » et Borrelia garinii « sous-groupe européen » notamment) semblent impliquées dans la plupart des cas européens et asiatiques, ainsi parfois que B. spielmanii.

Quand on parle de plusieurs espèces réunies sous le terme générique de « Borrelia burgdorferi sensu lato » (bien préciser dans ce cas « sensu lato » pour éviter les confusions et erreurs de diagnostic) ;

Borrelia afzelii est considérée comme étant plutôt « dermatotrope » (ciblant la peau et source de « dermatoborrelioses »), en y provoquant notamment l’acrodermatite chronique atrophiante, avec des symptômes évoquant ceux d’un lichen plan (sclérodermie localisée).

Borrelia garinii est considérée comme plutôt « neurotrope »  (ciblant les nerfs, et source de « neuroborrélioses » ; 1ère source probablement de neuroborréliose en Europe) ;

…mais les manifestations cliniques se chevauchent souvent, notamment en raison de possibles co-infections.

Symptomatologie :

La maladie présente diverses formes et se développe en trois stades et peut affecter divers organes et systèmes de l’organisme, avec une gamme variable de symptômes, non systématiques : tous les malades ne présentent pas tous les symptômes. Et beaucoup de ces symptômes ne sont pas spécifiques de la maladie de Lyme et peuvent apparaître dans d’autres maladies. De plus, en raison de facteurs mal compris (virulence de la bactérie, immunité du patient, co-infection..), le temps qui sépare la piqûre de l’apparition des symptômes, ou période d’incubation, varie. Ce délai est le plus souvent de 1 à 2 semaines, mais il est parfois raccourci à quelques dizaines d’heures, ou au contraire étendu à plusieurs mois ou années. La maladie est parfois asymptomatique (sans symptômes apparents) ; des infections asymptomatiques ont été détectées chez presque 7 % des personnes infectées aux États-Unis, mais le taux d’infection sans symptômes pourrait être bien plus élevé en Europe.

Il existe des risques d’erreur de diagnostic de par la grande diversité des symptômes, la maladie de Lyme pouvant conduire à de nombreux diagnostics erronés, comme la sclérose en plaques, le lupus, la polyarthrite rhumatoïde, la fibromyalgie, la fatigue chronique, la dépression, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, l’autisme et bien d’autres.

En 2006, O. Peter estimait que la sensibilité des tests au stade précoce était encore limitée (sensibilité de 50 % environ). De ce fait, il y a un grand nombre de malades qui ne sont pas diagnostiqués ou qui reçoivent des diagnostics erronés. Le diagnostic doit être basé principalement sur les symptômes car les tests actuels sont peu précis en cas de résultat négatif. Il existe, par exemple, des cas d’arthrites de Lyme à sérologie négative…

Les co infections liées à la maladie (une tique peut transmettre non seulement la borréliose mais aussi d’autres infections telles quel a bartonellose, babésiose, mycoplasme, rickettssiose…) vont compliquer encore plus le diagnostic et doivent également être traitées.

Voici un Extrait du texte du Dr Hopf-Seidel concernant la « Borréliose chronique et persistante » :

Comment reconnaître une infection borrélienne, lorsqu’on n’a pas de souvenir d’ érythème migrant, ni piqûre de tique?

C’est une question qui se pose, dès lors qu’apparaissent subitement dans le cours de la vie, des symptômes inhabituels en général et souvent variables et qui, dans la recherche médicale traditionnelle, ne trouvent aucun diagnostic plausible. Car la routine des paramètres de laboratoire, comme les électrocardiogrammes, radiographies, tomographies (CT scanner), résonance magnétique nucléaire (RMN ou IRM), et même l’électrophysiologie ne trouvent le plus souvent, aucun résultat probant.

En présence d’une maladie telle camouflée et aussi tant diversifiée que lors d’infection borrélienne avec ses multiples symptômes, physiques, psychiques et cognitifs, (qui naturellement ne se manifestent pas tous chez un même patient; cependant toujours sous combinaison individuelle), il est très important pour la pose du diagnostic, de procéder à un examen médical approfondi incluant les techniques adéquates en médecine interne, neurologie, psychologie et ophtalmologie afin de vérifier somme toute les différentes singularités du corps citées dans la paragraphe « symptômes » plus loin.

Malheureusement, il arrive toujours encore aujourd’hui que de nombreuses personnes atteintes de borréliose, pour la seule raison de nombreux symptômes dont aussi des modifications psychiques, se retrouvent dans les « tiroirs psychiques » et puis après un diagnostic de « troubles somatiques » sont dirigées vers une seule et unique direction : la psychothérapie et la psychiatrie. Après une cause organique possible, comme par exemple une infection, par laquelle suivent ces nombreux symptômes, en général aucune recherche différentielle n’est exécutée […]]

La même chose peut se produire, lorsque l’analyse du LCR (liquide céphalo rachidien) ne démontre aucune anomalie et/ou aucun anticorps aux borrélies. C’est là que l’annonce au patient: «vous n’avez pas de borréliose» bien que cela devrait annoncer« vous n’avez pas de neuroborréliose aiguë» Car une borréliose persistante et chronique ne montre (plus) aucune anomalie du LCR, si les modifications inflammatoires ne se situent pas dans l’environnement de la moelle épinière.

Même, en tenant compte de toutes les données de l’anamnèse et malgré un examen médical approfondi, la reconnaissance d’une infection borrélienne dans sa forme chronique n’est nullement simple et tous les registres diagnostics disponibles doivent être utilisés.

Quels symptômes cliniques sont suspects lors d’une borréliose chronique et persistante ?

La suspicion de la présence d’une borréliose chronique et persistante devrait toujours être envisagée dès lors que plus d’un (en règle générale plus que trois) symptômes suivants donnent sujets à plainte. Ceci est valable pour tous les cas, dans lesquels les patients ont souvenance d’une piqûre de tique et/ou d’un EM ou si divers symptômes reviennent toujours sous forme de poussées et ensuite aussi disparaissent sans aucune thérapie.

Þ   Fatigue et épuisement prononcés et durables, sans effort physique préalable (une sieste tout comme des allongements fréquents journellement obligatoires !).

Þ   Fortes douleurs dans les articulations, avec localisation changeantes qui sans aucun traitement disparaissent spontanément. Formation d’épanchements, fréquemment et en partie relativement grands avant tout aux genoux ou à l’articulation des hanches (souvent dans les genoux ils sont même indolores).

Þ   Maux de tête violents, le plus souvent diffus, mais aussi unilatéralement ou en forme de cercle tout autour du crâne ou en forme d’une « casquette ». Il existe aussi un «mal aux pointes des cheveux» avec douleurs lors du coiffage ainsi que des douleurs de la gorge et de la base de la langue tout comme dans la nuque et les épaules.

Þ   Sinusites récidivantes et souvent non guéries, avec gonflements des muqueuses.

Þ   Gonflements des ganglions lymphatiques, avec ou sans douleurs, au cou ou dans la nuque, sous les épaules et dans les aines.

Þ   Douleurs musculaires et crampes dans tout le corps, sans effort préalable (les enzymes CK et/ou LDH sont en principe aussi en hausse).

Þ   Douleurs aux tendons et ligaments et des gaines tendineuses ou douleur de la voûte plantaire par irritation fasciite plantaire (Plantarfasziitis) avec douleurs de mobilité matinales.

Þ    Douleurs de «plaies» des fixations des côtes dans le sternum et sous le bord des côtes souvent en association avec une impression de manque d’air et une pression sur la cage thoracique (ces douleurs style « pression sur la cage thoracique » peuvent être confondues avec les sensations lors d’une dépression). En même temps, surviennent aussi des épisodes de toux tenaces ainsi que des quintes de toux, de fortes dyspnées après efforts somme toute non violents comme la montée d’un escalier (le plus souvent lors de co–infections à chlamydophila pneumoniae ou mycoplasma pneumoniae).

Þ   Douleurs comme des brûlures sur la peau et/ou sensation d’engourdissements, qui surviennent très diffuses sur tout le corps ou ne se situant que sur des parties restreintes et/ ou sensations de démangeaisons cutanées ou de fourmillements sur la peau, sans que celle-ci ne soit modifiée dans son apparence.

Þ   Décharges « électriques » et/ou fasciculations des paupières ou autres endroits corporels (de préférence sur les bras et les jambes). Ces spasmes sont aussi visibles dans la musculature.

Þ   Douleurs violentes et éprouvantes comme des « coups de couteaux » mais qui varient dans leur localisation.

Þ   Coeur qui «s’emballe» comme lors de crises de tachycardie, de préférence la nuit, sans effort préalable, coeur qui « culbute » avec des ressentis très nets et désagréables palpitations.

Þ   Les symptômes neurologiques sont abondants et divers. En partenariat avec de violentes douleurs dans le cadre d’un nerf périphérique et de leur fausse perception (dysesthésies), comme par exemple des ressentis de brûlures peuvent apparaître des tremblements (trémor) d’un bras/d’une main tout comme des paralysies (partielles). Le plus souvent ce sont les muscles de la cuisse qui en sont atteints. Mais apparaît également une symptomatologie d’hémiplégie et d’hémihypaesthésie comme par exemple par un foyer inflammatoire induit par les borrélies dans la moelle cervicale cliniquement comme lors d’une attaque d’apoplexie, une paraparésie (le plus souvent spastique) et dans des cas rares, même des attaques épileptiques qui peuvent être des symptômes d’une infection borrélienne chronique et persistante.

Þ   Les irritations des nerfs crâniens sont nombreuses. Le plus souvent au stade précoce de la maladie l’on remarque une parésie des nerfs faciaux (parésie faciale); dans le stade chronique en revanche plusieurs des douze nerfs crâniens peuvent être simultanément atteints.

Þ   Troubles oculaires. En font partie : douleurs des muscles oculaires lors de mouvements oculaires et légère diplopie (vision double), faiblesse des paupières, trouble de l’accommodation y compris vision crépusculaire, troubles des pupilles (par exemple mydriase paradoxale et ondulatoire lors de lumière directe), de très nombreuses inflammations oculaires avec brûlure aux yeux (conjonctivites) et sécheresse oculaire avec également l’impression d’avoir un corps étranger dans l’oeil mais aussi épisclérite, rétinite et scotome (réduction du champ de vision).

Þ   Trouble de l’ouïe et du labyrinthe comme hypoacousie, bourdonnements d´oreilles (acouphènes), vertiges et troubles de l’équilibre.

Þ   Trouble de l’odorat et du goût, par excitations des nerfs trigéminés, tout comme une sensibilité perturbée du visage avec perceptions erronées (dysesthésies et hyperesthésies) de la peau. Souvent l’excitation de ces nerfs trigéminés, induit en erreur, en laissant évoquer des « douleurs dentaires ».

Þ   Dérèglements neurovégétatifs comme par exemple une impression de température avec très souvent des frissons violents à prédominance nocturne, des transpirations abondantes qui sont également possible le jour, par poussées comme lors de ménopause, idem chez les hommes que les femmes, températures subfébriles, souvent liés à des rythmes diurnes ou mensuels, les après-midi avec impression de « joues en feu » mais sans fièvre avérée, une toute nouvelle intolérance à l’alcool, même avec très peu d’alcool, et les déjà nommés grande fatigue et épuisement.

Þ   Dérèglement des fonctions sexuelles, comme la perte de libido, dérèglement de la menstruation ou de l’érection ainsi que douleurs dans les glandes mammaires.

Þ   Trouble de la fonction urinaire avec des douleurs comme brûlure de la vessie et aux testicules, sans preuve de bactéries dans les urines (« prostatite » sans bactéries), mictions fréquentes (pollakiurie), également la nuit (nycturie), incontinence, douleurs dans l’aine sans preuve organique (surtout après une piqûre de tique dans la région génitale).

Þ   Symptômes gastro-intestinaux: comme douleurs stomacales, flatulences, impression de satiété, dérèglements du transit intestinal (diarrhées et constipation en alternance), perte d’appétit, apparition d’intolérance au lactose ou autre aliments. Très souvent se greffe là-dessus une perte ou prise de poids sans que le régime alimentaire ne soit modifié. L’on constate de même une augmentation des taux hépatiques, sans que soit diagnostiquée une quelconque cause du point de vue de la médecine interne.

Þ   Modification du métabolisme comme acidose (mesurable par cinq analyses d’urine durant la même journée), augmentation récente du taux de cholestérol, dérèglement de la glande thyroïdienne (le plus fréquemment abaissement avec augmentation des taux TSH) et/ou avec développement d’anticorps (par exemple anti TPO=MAG) contre la thyroïde (thyroïdite de Hashimoto). Il apparaît également que les borrélies engendrent une modification des enzymes de sorte que T4 ne puisse plus se métaboliser en T3 actif, mais sous une forme inverse et inactive des T3. Ceci produit, malgré prise d’une thérapie pour la thyroïde et une normalisation des taux de TSH, une clinique avec des symptômes croissants d’un dysfonctionnement de la thyroïde (citation d’après Dr Klinghardt, exposé de Kiel, 09/2008).

Þ   Troubles de la métabolisation de la sérotonine, avec irritations fréquentes, accompagnés pour la première fois au cours de la vie d’attaques de panique, de situations de peur, d’agressivité latente, crises de colère, avec des états navigants entre sautes d’humeur et instabilité émotionnelle.

Þ   Troubles graves et soutenus du sommeil, avec modification de l’architecture du sommeil (endormissements – nuits avec réveils fréquents – sommeil non profond et non réparateur), cauchemars par le défaut de sérotonine, résultat du dysfonctionnement de la métabolisation du tryptophane en sérotonine.

Þ   Principalement chez les enfants: troubles de l’attention et agitation motrice avec comme conséquence des troubles d’apprentissage scolaire (ADSH), troubles du comportement avec retrait de la société, angoisse nouvelle de l’école et agressivité, irritation et comportement querelleur avec frères et soeurs.

Þ   Rarement aussi des modifications psychiatriques graves comme la psychose, instabilité maniacodépressive, comportement obsessionnel compulsif, irritabilité et agressivité jusqu’à la perte de self contrôle.

Þ   Les troubles cognitifs sont en principe décelables chez tous les patients atteints de borréliose chronique, mais à des degrés et des formes différents. Très souvent les patients se plaignent d’une baisse de leur mémoire à court terme, de troubles de la concentration et de distraction accrue. Sont mentionnés de plus en plus des difficultés de planification et d’organisation du quotidien et des pensées abstraites. La difficulté d’apprentissage lors d’ études scolaires mais également lors de mise à niveau dans une activité professionnelle est accrue ainsi que celle de la réceptivité d’une «nouveauté» dans la vie quotidienne Les plaintes concernent aussi des problèmes de lecture, calcul, écriture (inversion de lettres comme par exemple en écrivant à l’ordinateur), lors de conversation par perte de vocabulaire mais aussi lors de la pensée «brouillard cérébral». Un sentiment d’être toujours «à côté de ses baskets».  Dans de très rares cas, apparaît même le signe clinique d’un psychosyndrome organique sous la dénomination de «pseudo démence» avec des troubles d’orientation et de fortes pertes de mémoire mais aussi des obsessions et des hallucinations.

Þ   Une altération typique, mais rare, qui ne se prouve que chez 2% de tous les patients atteints de borréliose chronique et du le stade 3, l’acrodermatite atrophiante chronique (ACA), qui le plus souvent ne se manifeste qu’à une seule extrémité en forme de peau en « papier à cigarettes». L’ACA au stade 1 et 2 est quant à elle beaucoup plus fréquente et va de pair avec des gonflements de l’épiderme et une coloration bleue-rouge. On observe fréquemment une peau marbrée (le plus souvent en combinaison d’extrémités froides).

Þ     ‣Moins fréquente est une maladie de la peau comme par exemple la Morphée (appelée sclérodermie en plaques ou circonscrite) qui par son histologie peut être prouvée chez certains patients comme conséquence d’une infection borrélienne. Chez 30 % des patients ont été aussi retrouvés des anticorps de Borrelia burgdorferi.

Þ    L’érythème migrant (EM) ou aussi erythema chronicum migrans (ECM), s’il subsiste plus de 4 semaines, fut au départ déjà reconnu comme un aspect typique cutané d’une infection à borrélies. Cependant il est moins connu, semble-t-il, que ceux-ci peuvent se former multiformément, donc sur différents endroits corporels simultanément et qu’ils peuvent, au cours de l’infection, toujours récidiver. Ceci arrive la plupart du temps durant une antibiothérapie (ce qui veut dire à l’inverse, que chaque EM reconnu ne signifie pas un symptôme de borréliose précoce ; mais peut représenter une réactivation dans le cadre d’une infection déjà bien existante).

Þ   En outre, il est souvent mentionné des modifications des phonères comme par ex. la perte légère de cheveux (le plus souvent chez les femmes) ainsi que des modifications de repousse des ongles avec cassure et formation de stries.

Þ   Etonnant, bien que non spécifique à la maladie, les anesthésies et les vaccinations sont nettement moins bien supportées par les patients atteints de borréliose. La vaccination contre l’encéphalite à tiques semble occasionner des poussées chez les personnes infectées par borrélia. Mais également d’autres infections bactériennes, tout comme celles de genèse virale, peuvent être responsables de ces poussées d’une borréliose persistante et chronique.