Blog dédié à la maladie de Lyme et à ses coinfections… Mon parcours.

Comme beaucoup d’entre vous probablement,  je possède une reconnaissance travailleur handicapé depuis 2010 pour une soi- disant « fibromyalgie » (faux diagnostic)  et depuis 2014 j’ai du refaire la demande et j’ai  obtenu à nouveau ma RQTH mais pour la maladie de Lyme : Si, si, je vous assure c’est possible… mais cela ne donne pas le droit à une quelconque compensation financière. Il s’agit « tout simplement »  d’une reconnaissance afin d’accéder à un emploi « adapté »…

En principe, dans un monde idéal, on postule, l’employeur ne faisant pas de discrimination entre un employé « valide » et un « handicapé » de cette manière, si on correspond bien au profil recherché, on obtient le poste car les handicapés sont « censés » à être prioritaires en matière d’embauche… Malheureusement,  la réalité est toute une autre.

En France, 2 millions de personnes de 15 à 64 ans – un chiffre nettement en hausse – déclarent disposer d’une reconnaissance administrative d’un handicap leur permettant de bénéficier de l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH). En effet, la loi fixe à tout établissement privé ou public d’au moins 20 salariés une obligation d’emploi de personnes handicapées (6 % de l’effectif total).*

Les employeurs disposent de plusieurs modalités pour être en accord avec cette obligation : emplois directs ou indirects, ou à défaut, versement d’une cotisation annuelle à l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph) : à titre d’exemple pour une entreprise d’une taille entre 50 et 199 employés, cette taxe s’élève à 3 868 € euros (montant « risible » -à mon humble avis- et par conséquent,  beaucoup d’employeurs préfèrent payer cette taxe plutôt que d’employer un handicapé).

De ce fait, le  taux d’emploi direct de travailleurs en situation de handicap dans le secteur privé était de 3,1 % en 2011 et cela n’a pas beaucoup évolué depuis.

Du côté de la fonction publique, bien que des efforts aient été faits, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

Employer 6% de personnes handicapées : cette obligation légale s’impose, depuis 2005, aux employeurs publics dont l’effectif total dépasse 20 équivalents temps plein. Ils peuvent s’en acquitter de trois manières.

  • en recrutant des personnes handicapées ;
  • en passant des contrats de fourniture de sous-traitance ou de prestations de services avec des entreprises adaptées, des centres de distribution de travail à domicile ou des établissements et services d’aide par le travail (ESAT) ;
  • en versant une contribution au Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP).

En 2016, nous sommes encore loin du 6% de personnes handicapées employés.  Dans la fonction publique de l’État le pourcentage d’employés handicapés s’élève à 3,83 %, dans la fonction hospitalière : 5,34%, la fonction publique territoriale étant la « meilleure élève » avec un taux de 5,97%.

Résultat de comptes, la population handicapée reste encore assez éloignée du marché du travail. Seulement 35% des personnes de 15 à 64 ans avec une RQTH sont en emploi, contre 66% pour l’ensemble de la population.

Le taux de chômage des handicapés est de 18% soit près du double de celui de l’ensemble des personnes en âge de travailler. En juin 2015, ils étaient 468 423 sans emploi (+ 37 % depuis juin 2012, contre + 20 % pour l’ensemble de la population).

Les choses sont également très compliquées pour les employés  handicapés en poste. Aujourd’hui le statut handicapé constitue peu de protection vis-à-vis d’un licenciement dans le secteur privé. Ce fût mon cas. Gravement malade depuis 2006, j’ai été embauchée en tant que travailleur handicapé.

Certes, j’ai eu  du mal à gérer la fatigue et la douleur provoqués par la Maladie de Lyme, mais je me suis plutôt bien sortie en allant au-delà de mes forces pour éviter d’être  en arrêt maladie, même lorsque j’étais complètement épuisée physiquement et moralement.

Lors des rares arrêts de travail, je continuais à travailler depuis chez moi. Je me suis investie pleinement pendant ces 4 dernières années malgré un très mauvais  état de santé. Imaginez-vous la surprise lorsque l’entreprise pour laquelle je travaillais, suite à des soucis financiers, n’a pas hésité à procéder au licenciement du personnel « à la sauvage »  aucun plan de licenciement n’ayant été mis en place pour restructurer les équipes.

A ma grande surprise, lorsque j’ai lu leurs critères de licenciement, j’ai vu qu’un employé avec *un* enfant à charge, était prioritaire vis-à-vis d’un handicapé sans enfants.

Mes  recherches auprès de l’Inspection du travail ont été infructueuses et j’avoue qu’avec un  état de santé déplorable, état qui s’était empiré davantage suite à une coqueluche (en plein été), des frais médicaux exorbitants, je n’avais plus de forces pour me battre sur ce front, parfois il faut choisir ses batailles… Hélas.

Aujourd’hui au bout de deux ans de chômage, je commence petit à petit à me reconstruire, j’ai repris une activité professionnelle depuis deux mois, activité qui reste précaire et il y a toujours un point d’interrogation sur mon avenir car mon contrat arrive à sa fin cette semaine…

Personnellement, j’ai toujours préféré  d’être honnête vis-à-vis d’un employeur potentiel et je ne cache pas mon statut handicapé qui est supposé à nous aider à retrouver un travail. Mais compte tenu de la réaction des employeurs… Ais-je tort ?  Dois-je cacher mon handicap ?

Je suis encore jeune, j’ai fait des études, et j’ai une expérience de plus de 15 ans dans le secteur public et privé, en France et à l’étranger. Sans ajouter que je parle couramment trois langues.

Mais lorsqu’il y a un handicap,  peu importe la façon dont on veuille « vendre son handicap » : aides de l’état à l’embauche, annulation de taxe Agefiph,  handicap « invisible » car j’ai deux jambes, deux bras, je ne suis pas aveugle ni sourde- la réaction est toujours la même : cela se traduit par un  rejet. Certains recruteurs m’ayant même « rit au nez » lorsque j’évoque la question des aides à l’embauche.

Cela ne me décourage pas à continuer à me battre pour regagner une vie professionnelle * normale* soyons clair (cependant je n’ai qu’un seul choix de toutes façons, celui de continuer à me battre). Néanmoins,  le chemin est parsemé d’embûches pour nous les malades « invisibles » et pendant que certains se battront pour obtenir une pension d’invalidité, moi je me bats toujours  pour garder une vie active.

* Source  : En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/emploi/article/2015/11/17/pres-d-un-demi-million-de-handicapes-au-chomage_4811834_1698637.html#B7DWlMDpPC3xejmL.99

 

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Commentaires sur: "Maladie de Lyme et Vie Professionnelle" (2)

  1. Bonjour, je viens de tomber sur votre blog par hasard. Je me reconnais dans votre situation, je me bats depuis de nombreuses années pour garder une vie privé et professionnelle « normale » malgré les obstacles et les embûches du quotidien. Je parle également plusieurs langues, avec de longues études etc… avec un bébé qui est arrivé l’année dernière, c’est pas de tout repos et pourtant on se bat et on ne baisse pas les bras ! C’est un plaisir de vous lire, merci pour votre blog 😉 c’est toujours agréable de se sentir moins seul dans une telle situation. Ça permet de tenir le coup, je me dis souvent que je ne suis pas seul à souffrir autant et que je n’ai pas le droit de flancher par respect avec tous ces gens que je ne connais pas et qui se battent également. Courage. Greg

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